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Faillite d’Aigle Azur : son ancien PDG met en cause le marché algérien

Frantz Yvelin a été le dernier président de la défunte compagnie aérienne française Aigle Azur. Il a dirigé la compagnie jusqu’à la crise qui avait éclaté il y a un an conduisant à sa disparition en septembre 2019.

Aujourd’hui, Frantz Yvelin pense que la compagnie aurait pu être sauvée. Selon lui, la direction avait trouvé une solution dès la mi-juillet.

« Cela consistait à vendre une certaine partie de nos actifs, principalement à Orly. Nous avions un acquéreur qui offrait 27 millions d’euros et nous sauvions la boîte », explique-t-il dans un entretien-vérité accordé ce dimanche 26 juillet au site l’Echo Touristique.

L’offre évoquée a été formulée par l’International Airlines Group, propriétaire notamment de Vueling. La direction avait également négocié des accords d’abandon de créances d’un montant total de 40 millions d’euros et un accord avec les créanciers, dont l’État, pour étaler le paiement des dettes restantes sur quelques années, affirme-t-il aussi.

Frantz Yvelin affirme que c’est le personnel navigant qui a fait échouer le plan, en refusant de faire un « effort de productivité ».  « À l’époque, les salariés étaient persuadés qu’ils allaient se cotiser entre eux ; que si ça ne marchait pas, l’État sauverait Aigle Azur et que si ça n’était pas l’État, ça serait Air France », explique-t-il.

L’Algérie : une force et une faiblesse

En plus du manque de coopération du personnel, la compagnie a été victime de sa forte dépendance au marché algérien, selon Frantz Yvelin. « L’Algérie, c’était la plus grande force d’Aigle Azur, c’était aussi paradoxalement une grande faiblesse », explique-t-il.

Les revenus en dinars étaient importants : 30 %-40 % du total. Or, le dinar est « une monnaie fermée. C’est compliqué de remonter les fonds et retourner un avion à Alger », a-t-il fait savoir.

Plusieurs experts avaient mis en cause le développement de projets dans le long courrier, notamment avec des vols vers la Chine, pour expliquer les difficultés puis la chute de la compagnie. Pour l’ancien PDG, ces analyses sont fausses.

« Ce qui a plombé la boîte ce sont les problèmes de trésorerie liés à l’Algérie, avec des pertes accumulées depuis 2012, soit 5 ans avant mon arrivée », a affirmé en outre Frantz Yvelin.

« La révolution en Algérie pendant l’hiver 2019, bien qu’extrêmement bien gérée par la population algérienne, a par ailleurs eu un impact sur le transport. Enfin, l’État français a restreint le nombre de visas accordés aux Algériens », a indiqué également l’ex-président d’Aigle Azur.

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