Quel est le temps de Kilian Jornet pour monter l’Everest ?

Julien Juchereau

Aventure

Le temps de Kilian Jornet pour monter l’Everest reste l’une des références les plus citées dès qu’on parle d’alpinisme de vitesse. En mai 2017, le coureur de montagne catalan a rejoint le sommet du toit du monde en environ 26 heures depuis un camp de base situé côté tibétain, sans oxygène supplémentaire et sans cordes fixes. Voici ce que l’on sait précisément de cette performance, comment la replacer dans son contexte, et pourquoi les chiffres demandent toujours d’être lus avec prudence.

Ce qu’il faut retenir

  • Lors de sa première ascension de mai 2017, Kilian Jornet a annoncé avoir atteint le sommet en environ 26 heures depuis un camp de base avancé côté nord (Tibet), aux alentours de 5 100 mètres.
  • Il a réalisé cette montée sans oxygène supplémentaire et sans assistance de cordes fixes posées spécialement pour lui, ce qui rend la comparaison directe avec d’autres « records » délicate.
  • Quelques jours plus tard, il a effectué une seconde ascension, présentée comme plus rapide, partie d’un camp de base avancé plus haut sur la montagne.
  • Le terme « record » est contesté : il n’existe pas d’organisme officiel chronométrant ces tentatives, et les conditions (point de départ, météo, voie) varient énormément.
  • Cette performance s’inscrit dans le projet « Summits of My Life » et illustre une philosophie d’alpinisme léger, rapide et autonome.

Le temps annoncé : environ 26 heures depuis le camp de base

La donnée la plus reprise est la suivante : lors de sa première ascension, dans la nuit du 21 au 22 mai 2017, Kilian Jornet a rejoint le sommet de l’Everest en à peu près 26 heures. Le point de départ ne correspond pas au camp de base touristique le plus connu, mais à un camp avancé côté nord, sur le versant tibétain, à proximité du monastère de Rongbuk, à une altitude d’environ 5 100 mètres. Cette précision est capitale : selon le point de départ retenu, la dénivelée à gravir et donc la difficulté ne sont pas du tout les mêmes. Comparer ce temps à une montée partie d’un camp situé bien plus haut reviendrait à comparer deux épreuves différentes.

Il faut aussi rappeler que cette première tentative ne s’est pas déroulée dans des conditions idéales. Kilian Jornet a lui-même expliqué avoir souffert de troubles digestifs au-dessus de 8 000 mètres, ce qui l’a contraint à ralentir fortement dans la dernière partie. Autrement dit, le temps de 26 heures n’a pas été réalisé en pleine forme, mais malgré un coup de moins bien marqué dans la zone la plus exigeante de la montagne, celle que les alpinistes surnomment la « zone de la mort » au-dessus de 8 000 mètres, où l’organisme se dégrade vite faute d’oxygène.

Une seconde ascension dans la même semaine

Ce qui rend l’épisode de 2017 particulièrement marquant, c’est que Kilian Jornet n’a pas grimpé l’Everest une seule fois, mais deux fois en l’espace de quelques jours. La seconde ascension, réalisée autour du 27 mai, est partie cette fois d’un camp de base avancé plus haut sur la voie, et a été présentée comme nettement plus rapide que la première, de l’ordre d’une quinzaine d’heures pour atteindre le sommet. Là encore, le point de départ différent interdit toute comparaison brute avec le chiffre de 26 heures : ce n’est pas la même longueur d’effort.

Enchaîner deux sommets de l’Everest sans oxygène en moins d’une semaine reste, indépendamment des querelles de chronométrage, un accomplissement physiologique hors normes. Très peu d’athlètes au monde sont capables de récupérer assez vite à très haute altitude pour repartir aussi rapidement. C’est cette capacité de récupération, autant que la vitesse pure, qui a impressionné la communauté de l’alpinisme et du trail.

Pourquoi parler de « record » est délicat

Sur l’Everest, le mot « record » doit être manié avec des pincettes. Contrairement à une épreuve de stade ou à un marathon homologué, il n’existe aucune fédération qui chronomètre officiellement les ascensions, valide un parcours unique ou contrôle les conditions. Chaque tentative se déroule avec ses propres paramètres : le point de départ exact, la voie empruntée (versant nord tibétain ou versant sud népalais), la présence ou non de cordes fixes installées par les expéditions commerciales, l’usage ou non d’oxygène en bouteille, la météo et l’état de la neige le jour J.

Tous ces facteurs font qu’un temps donné n’a de sens qu’en regard de conditions précises. Une ascension sans oxygène et sans assistance, comme revendiquée par Kilian Jornet, n’est pas comparable à une montée rapide profitant des cordes fixes et de bouteilles d’oxygène. C’est pourquoi les passionnés préfèrent souvent parler de « performance de référence » plutôt que de « record » au sens strict. Le tableau ci-dessous résume les éléments qui rendent chaque tentative singulière.

ParamètrePourquoi il change tout
Point de départDu camp de base à 5 100 m ou d’un camp avancé plus haut : la dénivelée varie de plusieurs centaines de mètres.
OxygèneGrimper sans oxygène supplémentaire est physiologiquement bien plus difficile et ralentit fortement au-dessus de 8 000 m.
Cordes fixesLeur présence facilite et sécurise la progression ; les éviter relève d’un engagement supérieur.
VersantNord (Tibet) ou sud (Népal) : voies, logistique et difficultés techniques différentes.
Météo et neigeVent, froid et qualité de la neige peuvent faire varier un temps de plusieurs heures.

Le projet « Summits of My Life » comme cadre

L’ascension de l’Everest n’est pas un coup isolé : elle constitue l’aboutissement du projet « Summits of My Life », lancé quelques années plus tôt par Kilian Jornet. L’idée directrice était de relier de grands sommets de la planète selon une approche minimaliste, en s’appuyant sur la vitesse, la légèreté et l’autonomie plutôt que sur la lourde logistique des expéditions classiques. Avant l’Everest, ce projet l’avait conduit à signer des temps remarqués sur des montagnes comme le Mont-Blanc, le Cervin ou le Denali.

Cette philosophie explique en grande partie le choix de grimper sans oxygène et avec un matériel réduit. Pour Kilian Jornet, l’enjeu n’était pas seulement d’aller vite, mais de le faire dans un style qu’il juge plus pur, proche de l’esprit du trail et de l’alpinisme léger. C’est cette cohérence entre la manière et la performance qui a nourri sa réputation, bien au-delà des seuls chiffres affichés.

Comment lire et interpréter ces chiffres

Si vous tombez sur un chiffre isolé du type « Kilian Jornet a grimpé l’Everest en 26 heures », gardez en tête trois réflexes. D’abord, vérifiez toujours le point de départ : un temps n’a de valeur qu’associé à une altitude de départ. Ensuite, regardez les conditions revendiquées, en particulier l’absence ou la présence d’oxygène et de cordes fixes, qui changent radicalement la nature de l’effort. Enfin, méfiez-vous des comparaisons hâtives avec d’autres alpinistes : sans cadre commun, additionner ou opposer des temps n’a guère de sens.

Pour le grand public, l’essentiel à retenir tient finalement en une phrase : Kilian Jornet a rejoint le sommet de l’Everest en environ 26 heures depuis un camp de base avancé côté tibétain, sans oxygène, avant d’y retourner quelques jours plus tard. Ce sont ces conditions, plus que le seul chronomètre, qui font la valeur de la performance. Les chiffres précis à la minute près varient selon les sources et les versions communiquées, raison pour laquelle il vaut mieux retenir les ordres de grandeur que des durées exactes présentées comme gravées dans le marbre.

  • Toujours associer un temps à son point de départ et à son altitude.
  • Distinguer une ascension avec oxygène d’une ascension sans oxygène.
  • Tenir compte de la voie (nord ou sud) et de la présence de cordes fixes.
  • Privilégier les ordres de grandeur aux durées exactes, souvent variables selon les sources.
  • Replacer la performance dans son contexte sportif plutôt que de chercher un « record » homologué.

Questions fréquentes

Quel est le temps de Kilian Jornet pour monter l’Everest ?

Lors de sa première ascension de mai 2017, il a annoncé avoir atteint le sommet en environ 26 heures depuis un camp de base avancé situé côté tibétain, aux alentours de 5 100 mètres d’altitude. Ce temps a été réalisé sans oxygène supplémentaire et malgré des troubles digestifs au-dessus de 8 000 mètres.

A-t-il utilisé de l’oxygène pour grimper ?

Non. C’est précisément ce qui rend la performance remarquable : il a revendiqué une ascension sans oxygène supplémentaire et sans recours aux cordes fixes posées par les expéditions commerciales, dans un style d’alpinisme léger et autonome.

Pourquoi parle-t-on de deux ascensions ?

Parce qu’en l’espace de quelques jours, fin mai 2017, Kilian Jornet a rejoint le sommet de l’Everest à deux reprises. La seconde montée, partie d’un camp avancé plus haut, a été présentée comme plus rapide. Enchaîner deux sommets sans oxygène en moins d’une semaine est extrêmement rare.

Est-ce un record officiel ?

Il n’existe pas d’organisme qui homologue officiellement ces ascensions. Les conditions varient trop d’une tentative à l’autre (point de départ, voie, oxygène, météo) pour parler d’un record au sens strict. On évoque plutôt une performance de référence dans son style.

Depuis quel camp est-il parti exactement ?

Pour la première ascension, le départ a été donné depuis un camp de base avancé côté nord, sur le versant tibétain, à proximité du monastère de Rongbuk, à environ 5 100 mètres. La seconde ascension est partie d’un camp situé plus haut sur la voie.

En résumé

Le temps de Kilian Jornet pour monter l’Everest, environ 26 heures depuis un camp de base avancé côté tibétain en mai 2017, reste une référence parce qu’il a été réalisé sans oxygène et sans assistance, dans l’esprit minimaliste du projet « Summits of My Life ». Plutôt que de retenir un chiffre figé, mieux vaut garder en mémoire les conditions exceptionnelles de cette double ascension, qui en font tout le relief.

A propos de l'auteur :

Julien Juchereau

Julien Juchereau est un jeune rédacteur passionné de Méditerranée. Originaire de Béziers, dans l'Hérault, il a grandi entre vignes et bord de mer, à deux pas des plages du Languedoc. Diplômé en webmarketing, il met depuis deux ans ses compétences digitales au service de sa vraie passion : le voyage. Tout a commencé par un été sur l'autre rive, valise pleine et carnet de notes à la main, qui a transformé une simple escapade en véritable vocation. Depuis, il sillonne le pourtour méditerranéen, des criques grecques aux ports du Maghreb, à la recherche des bons plans, des lieux authentiques et des conseils qui changent un voyage. Sur DestinationsMed, il partage ces découvertes avec un objectif simple : vous aider à partir l'esprit léger.

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