Islande : pourquoi cette destination fascine autant les voyageurs

Julien Juchereau

Aventure

Terre de feu et de glace, l’Islande exerce une fascination rare. Volcans actifs, glaciers millénaires, cascades vertigineuses et aurores boréales composent un décor presque irréel, à la lisière du monde habité. Mais d’où vient cet attrait si puissant, qui pousse chaque année des centaines de milliers de voyageurs à braver le froid et les prix élevés ? Voici pourquoi l’Islande fascine autant — et comment préparer un voyage à la hauteur du mythe.

Ce qu’il faut retenir

  • Des paysages volcaniques uniques au monde, entre feu et glace.
  • Les aurores boréales, visibles de septembre à mars.
  • Le soleil de minuit en été, pour des journées sans fin.
  • La route circulaire (Ring Road) pour faire le tour de l’île.
  • Une nature préservée et un pays très sûr… mais un budget élevé à anticiper.

Des paysages venus d’une autre planète

La première raison de la fascination islandaise tient à ses décors. Nulle part ailleurs en Europe on ne trouve une telle concentration de phénomènes géologiques spectaculaires, sur un territoire à peine plus grand que l’Irlande.

Volcans, geysers et sources chaudes

Posée à cheval sur la dorsale médio-atlantique, l’Islande est l’une des régions les plus actives de la planète. On y observe des volcans, d’immenses champs de lave et des zones géothermiques fumantes aux couleurs irréelles. Le célèbre Strokkur projette son jet d’eau bouillante toutes les quelques minutes, tandis que les sources chaudes, dont le mondialement connu Blue Lagoon, offrent des bains relaxants en plein décor minéral. Cette énergie souterraine alimente d’ailleurs presque tout le pays en chaleur et en électricité.

Glaciers, cascades et plages noires

À l’opposé du feu, la glace. L’immense calotte du Vatnajökull, plus grand glacier d’Europe, domine le sud-est de l’île. À ses pieds, la lagune glaciaire de Jökulsárlón laisse dériver des icebergs bleutés jusqu’à une plage de sable noir baptisée Diamond Beach. Les cascades, elles, sont innombrables : Gullfoss, Seljalandsfoss (derrière laquelle on peut marcher) et Skógafoss comptent parmi les plus photographiées. Sur la côte sud, la plage de Reynisfjara et ses orgues basaltiques laissent un souvenir saisissant.

Le spectacle des aurores boréales

C’est l’une des grandes raisons de venir en Islande. De fin août à mars-avril, lorsque les nuits sont longues et le ciel dégagé, les aurores boréales dansent en voiles verts et violets au-dessus des paysages. Pour maximiser vos chances, éloignez-vous des lumières des villes, surveillez les prévisions d’activité géomagnétique et de couverture nuageuse… et armez-vous de patience : le phénomène reste naturel et n’est jamais garanti. Beaucoup de voyageurs combinent plusieurs nuits hors de Reykjavík pour multiplier les occasions.

Le soleil de minuit et une lumière unique

À l’inverse, l’été offre un autre prodige : le soleil de minuit. En juin, les journées sont quasiment ininterrompues et baignent les paysages d’une lumière dorée pendant des heures. C’est la saison idéale pour les road trips et la photographie, car on peut explorer presque sans contrainte horaire. Cette luminosité particulière, douce et rasante, explique en partie pourquoi tant de photographes considèrent l’Islande comme un terrain de jeu inégalé.

Une nature sauvage et une faune attachante

L’Islande séduit aussi par sa faune. De mai à août, les macareux moines, petits oiseaux au bec coloré, nichent par milliers sur les falaises. Au large de Húsavík, capitale de l’observation des baleines, les sorties en mer comptent parmi les meilleures d’Europe pour apercevoir baleines à bosse et dauphins. À l’intérieur des terres, les robustes chevaux islandais et les moutons en liberté font partie intégrante du paysage. Partout, le respect de cette nature fragile est une priorité : on ne sort pas des sentiers balisés.

Quand partir et quels itinéraires ?

Chaque saison dévoile une Islande différente. Voici un aperçu pour choisir la vôtre.

SaisonAtoutsÀ savoir
Été (juin-août)Soleil de minuit, routes ouvertes, macareuxForte affluence, prix élevés
Automne (sept-oct)Aurores et couleurs, moins de mondeMétéo changeante
Hiver (nov-mars)Aurores, grottes de glaceJours courts, conduite difficile
Printemps (avr-mai)Tarifs plus doux, nature qui s’éveilleEncore frais

La fameuse Ring Road (route n°1) fait environ 1 330 km : comptez 7 à 10 jours pour en faire le tour à un rythme agréable. Avec moins de temps, plusieurs itinéraires courts permettent déjà d’en prendre plein les yeux :

  • Le Cercle d’Or (Þingvellir, Geysir, Gullfoss), accessible en une journée depuis Reykjavík.
  • La côte sud jusqu’à Jökulsárlón, sur deux à trois jours.
  • La péninsule de Snæfellsnes, surnommée « l’Islande en miniature ».
  • Les fjords de l’Ouest, plus sauvages et confidentiels.

Activités phares

Au-delà de la contemplation, l’Islande se vit. Les voyageurs y plébiscitent quelques expériences fortes :

  • Se baigner dans une source géothermique ou un bain public local.
  • Marcher sur un glacier avec un guide, crampons aux pieds.
  • Explorer une grotte de glace en hiver.
  • Partir en mer observer les baleines.
  • Traverser les hautes terres en 4×4 l’été.

Conseils pratiques et budget

  • Louez un 4×4 si vous comptez emprunter les pistes F de l’intérieur (été uniquement).
  • Consultez chaque jour la météo et l’état des routes avant de prendre la route.
  • Prévoyez des vêtements imperméables et plusieurs couches, même en été.
  • Anticipez un budget élevé : repas, carburant et hébergements sont chers.
  • L’eau du robinet est excellente : inutile d’acheter de l’eau en bouteille.

Le pays figure parmi les plus chers d’Europe : pour maîtriser son budget, beaucoup optent pour la location d’un van aménagé, la cuisine maison et les bains publics municipaux plutôt que les spas touristiques.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour voir les aurores boréales ?

De septembre à mars, lorsque les nuits sont longues, par ciel dégagé et loin de toute pollution lumineuse.

L’Islande est-elle chère ?

Oui, c’est l’une des destinations les plus chères d’Europe. Hébergement, restauration et location de véhicule pèsent lourd dans le budget : mieux vaut tout réserver à l’avance.

Combien de jours pour visiter l’Islande ?

Comptez 7 à 10 jours pour la Ring Road complète, ou 4 à 5 jours pour la côte sud et le Cercle d’Or au départ de Reykjavík.

Peut-on visiter l’Islande en hiver ?

Oui, l’hiver est idéal pour les aurores et les grottes de glace, mais les journées sont courtes et la conduite plus exigeante : adaptez votre itinéraire.

Faut-il un 4×4 ?

Il est indispensable pour les pistes F de l’intérieur. Sur la Ring Road en été, une voiture deux roues motrices suffit amplement.

Reykjavík, une capitale à taille humaine

Point de départ de la plupart des voyages, Reykjavík est la capitale la plus septentrionale du monde. À taille humaine, colorée et créative, elle se découvre facilement à pied : la silhouette de l’église Hallgrímskirkja domine la ville, la salle de concert Harpa scintille sur le port, et les rues regorgent de cafés, de boutiques de design et de street art. C’est aussi de là que partent la majorité des excursions, du Cercle d’Or à l’observation des baleines.

Prévoyez au moins une demi-journée pour flâner dans le centre, monter en haut de Hallgrímskirkja afin d’admirer la vue sur les toits colorés, et goûter à la fameuse soupe d’agneau ou aux hot-dogs islandais, véritable institution locale.

Conduire en Islande : ce qu’il faut savoir

La conduite réserve quelques particularités : routes parfois en gravier, ponts à voie unique, vents violents et météo changeante d’une heure à l’autre. Respectez scrupuleusement les limitations de vitesse, ne quittez jamais les routes et sentiers balisés (c’est interdit et destructeur pour la nature), et faites le plein dès que possible, les stations-service étant rares dans certaines régions de l’intérieur.

Combien coûte un voyage en Islande ?

L’Islande a la réputation d’être chère, et c’est justifié. Un repas au restaurant, un plein d’essence ou une nuit d’hôtel y coûtent nettement plus qu’en France. Le budget dépend toutefois beaucoup de votre style de voyage : un séjour en van avec cuisine maison reviendra bien moins cher qu’un circuit enchaînant hôtels et restaurants.

En moyenne, hors vols internationaux, il faut souvent compter plusieurs centaines d’euros par jour et par personne pour un voyage confortable. Les voyageurs économes peuvent toutefois réduire ce montant de façon notable grâce à quelques réflexes :

  • Louer un van aménagé qui sert à la fois de transport et d’hébergement.
  • Cuisiner soi-même et faire ses courses dans les supermarchés discount (Bónus, Krónan).
  • Privilégier les piscines géothermiques municipales, bien moins chères que les grands spas.
  • Réserver vols et véhicule plusieurs mois à l’avance.

Formalités et conseils avant de partir

Bonne nouvelle : l’Islande fait partie de l’espace Schengen. Pour les voyageurs français et européens, une carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffit pour un court séjour, sans visa. Pensez tout de même à souscrire une assurance voyage couvrant les activités de plein air, et emportez votre permis de conduire si vous louez un véhicule.

Sur place, l’anglais est parlé presque partout, ce qui facilite grandement les échanges. La monnaie est la couronne islandaise, mais la carte bancaire est acceptée absolument partout, y compris pour les plus petits montants : il est quasiment inutile de retirer des espèces. Enfin, prévoyez des adaptateurs de prise (type européen) et un bon forfait data ou une carte SIM locale pour suivre la météo et l’état des routes en temps réel.

Entre volcans endormis, glaciers étincelants et ciels embrasés d’aurores, l’Islande offre une intensité que peu de destinations égalent. C’est sans doute là, dans ce dialogue permanent entre le feu et la glace, que réside toute sa fascination.

A propos de l'auteur :

Julien Juchereau

Julien Juchereau est un jeune rédacteur passionné de Méditerranée. Originaire de Béziers, dans l'Hérault, il a grandi entre vignes et bord de mer, à deux pas des plages du Languedoc. Diplômé en webmarketing, il met depuis deux ans ses compétences digitales au service de sa vraie passion : le voyage. Tout a commencé par un été sur l'autre rive, valise pleine et carnet de notes à la main, qui a transformé une simple escapade en véritable vocation. Depuis, il sillonne le pourtour méditerranéen, des criques grecques aux ports du Maghreb, à la recherche des bons plans, des lieux authentiques et des conseils qui changent un voyage. Sur DestinationsMed, il partage ces découvertes avec un objectif simple : vous aider à partir l'esprit léger.

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