La médina de Tunis, c’est mille ans d’histoire dans un labyrinthe de ruelles qui ne suivent aucune logique. On s’y perd, c’est presque un passage obligé. Mais quand on connaît quelques points de repère et deux ou trois règles simples, la visite devient un vrai plaisir plutôt qu’une source de stress. Voici un guide de visite de la médina de Tunis sans langue de bois, avec les bons endroits, les bons horaires et les pièges à éviter. L’objectif reste de vous laisser explorer librement tout en gardant vos repères et votre bonne humeur.
Ce qu’il faut retenir
- Entrez par Bab el Bhar, la porte principale, et gardez la mosquée Zitouna comme point central pour vous orienter.
- La cour de la Zitouna est accessible aux non-musulmans, mais la salle de prière reste fermée aux visiteurs.
- Chaque souk a sa spécialité, parfums, tissus, cuivre ou chéchias, ce qui aide à se repérer.
- Restez poli mais ferme face aux vendeurs insistants et déclinez les invitations au thé trop appuyées.
- Venez tôt le matin en semaine pour profiter du calme et de la lumière.
Entrer par Bab el Bhar et se repérer dès les premiers pas
Bab el Bhar, aussi appelée Porte de France, marque l’entrée naturelle de la médina depuis l’avenue Habib Bourguiba. C’est le meilleur point de départ, car vous arrivez directement sur la rue Jamaa Zitouna, l’artère qui monte vers la grande mosquée. Retenez cette logique simple, cette rue vous sert de colonne vertébrale. Tant que vous savez revenir vers elle, vous ne serez jamais vraiment perdu.
Prenez trente secondes en entrant pour noter un repère visuel, une boutique, une fontaine, un café. La médina compte des centaines de ruelles qui se ressemblent, donc un point d’ancrage mental vaut mieux qu’une carte que vous ne regarderez pas. Gardez votre téléphone chargé, le GPS fonctionne par intermittence sous les passages couverts mais dépanne souvent.
La Zitouna, la grande mosquée et ses environs
La mosquée Zitouna est le cœur spirituel et géographique de la médina. Fondée au huitième siècle, elle domine le quartier de sa silhouette massive. Bonne nouvelle pour les visiteurs, la cour extérieure est ouverte aux non-musulmans, généralement le matin, contre un petit droit d’entrée. En revanche, la salle de prière reste réservée aux fidèles, ne comptez pas y accéder.

Autour de la mosquée, vous trouverez les plus belles terrasses panoramiques, souvent accessibles depuis les boutiques de tapis. On vous invitera à monter voir la vue, ce qui est réellement magnifique, mais sachez que la visite se termine presque toujours par une présentation de tapis. Rien d’obligatoire, profitez de la terrasse et redescendez sans culpabiliser si vous n’achetez rien.
Les souks par spécialité
La médina s’organise historiquement par métiers, et cette logique reste très utile pour s’orienter. Le souk El Attarine concentre les parfumeurs et leurs flacons d’essences. Le souk des Étoffes déborde de tissus et de soieries. Le souk El Berka, ancien marché aux esclaves devenu quartier des bijoutiers, brille de son or. Les artisans du cuivre martèlent leurs plateaux dans un vacarme reconnaissable, et le souk des Chéchias perpétue la fabrication des célèbres bonnets rouges de laine.
Cette spécialisation vous donne des repères sonores et olfactifs autant que visuels. Si vous cherchez de l’artisanat authentique plutôt que des babioles importées, les chéchias et le cuivre travaillé sur place restent de belles valeurs sûres. Comme sur toute l’île tunisienne, prenez le temps de comparer avant d’acheter, un réflexe utile que l’on retrouve aussi à Djerba avant de réserver.
Se perdre dans la médina fait partie du voyage, à condition de savoir toujours retrouver la rue de la Zitouna pour revenir vers la sortie.
| Souk | Spécialité |
|---|---|
| El Attarine | Parfums et essences |
| Souk des Étoffes | Tissus et soieries |
| El Berka | Bijoux et or |
| Souk des Chéchias | Bonnets de laine rouge |
| Souk du Cuivre | Plateaux et objets martelés |
Éviter les pièges à touristes
Soyons directs. Certains vendeurs insistants vous aborderont avec beaucoup de charme, parfois en se présentant comme guide bénévole ou en proposant de vous montrer un atelier caché. La règle d’or, un service qui semble gratuit ne l’est jamais vraiment. Un simple sourire et un non poli suffisent, inutile de vous justifier ni de vous énerver.
Méfiez-vous de l’invitation au thé trop appuyée, elle ouvre souvent sur une longue démonstration de vente difficile à quitter. Acceptez si le contact est sincère, déclinez sans hésiter sinon. Gardez votre monnaie accessible, convenez toujours d’un prix avant de monter dans un taxi et ignorez poliment ceux qui vous annoncent qu’un souk est fermé pour vous détourner ailleurs.
Le meilleur moment pour visiter
Venez tôt le matin en semaine, idéalement entre huit et dix heures. Les commerçants ouvrent tranquillement, la lumière est douce et vous croiserez plus de Tunisois que de touristes. L’ambiance est calme, la pression commerciale plus légère, et vous pourrez photographier les ruelles sans foule. Évitez le vendredi midi, jour de prière, ainsi que les heures de forte chaleur en été.
Comptez une demi-journée pour l’essentiel, une journée complète si vous aimez flâner. En prolongeant votre séjour, pensez à coupler la médina avec la visite de Carthage et sa cité antique, à quelques kilomètres seulement, pour un contraste saisissant entre l’époque romaine et la Tunis ottomane.
Questions fréquentes
Faut-il un guide pour visiter la médina de Tunis ?
Non, la médina se visite très bien seul si vous gardez la rue de la Zitouna comme repère. Un guide officiel peut enrichir la visite historique, mais évitez les guides improvisés qui vous abordent dans la rue.
La médina est-elle sûre pour les visiteurs ?
Oui, elle est globalement sûre de jour. Restez attentif à vos affaires dans la foule et privilégiez les artères principales en fin de journée, quand certaines ruelles se vident.
Peut-on négocier les prix dans les souks ?
Oui, la négociation est attendue et fait partie du jeu. Annoncez un prix bien plus bas, restez souriant et n’hésitez pas à partir, c’est souvent là que la meilleure offre arrive.
Sources
Le mot de Julien
La première fois que j’ai visité la médina, je me suis perdu en dix minutes et j’ai adoré ça. Le secret, c’est de lâcher prise sans lâcher ses repères. Marchez, écoutez le cuivre qu’on martèle, sentez les essences du souk El Attarine, mais gardez toujours en tête le chemin du retour. Refusez poliment ce qui vous met mal à l’aise, acceptez ce qui vous touche vraiment. Les artisans sincères existent, ils méritent votre curiosité et vos quelques dinars. Venez tôt, respirez, et laissez la médina vous surprendre à son rythme plutôt qu’au vôtre.
Julien Juchereau






