Quand George Lucas cherchait une planète désertique pour Tatooine, il a posé sa caméra dans le sud tunisien. Le nom de Tataouine, ville berbère perdue entre dunes et plateaux, a d’ailleurs donné son titre à la planète de Luke Skywalker. Aujourd’hui, les fans du monde entier viennent y retrouver la maison troglodyte de Lars, les greniers fortifiés de Ksar Hadada et les paysages lunaires de Matmata. Mais derrière le décor de cinéma se cache un patrimoine architectural rare : les ksours berbères, ces villages de terre pensés pour survivre au désert. Voici comment les visiter.
Ce qu’il faut retenir
- Tataouine et sa région ont servi de décor à plusieurs films de la saga Star Wars, dès 1976.
- Les sites clés sont Matmata (maison de Luke), Medenine et Ksar Hadada (temple Naboo).
- Un circuit de deux jours au départ de Djerba couvre l’essentiel des lieux de tournage.
- Les ksours sont d’anciens greniers fortifiés berbères, un patrimoine bien antérieur au cinéma.
- Guide local, véhicule adapté et saison hors été font toute la différence sur place.
Pourquoi George Lucas a choisi le sud tunisien
En 1976, Lucas cherchait un décor naturel et crédible pour une planète à deux soleils, sans effets spéciaux coûteux. Le sud tunisien offrait des étendues arides, une lumière franche et surtout une architecture qui semblait déjà venir d’ailleurs. Les maisons troglodytes de Matmata, creusées dans le sol, et les greniers de terre des ksours n’avaient besoin d’aucune retouche pour paraître extraterrestres.
Le clin d’œil est double : le nom de Tataouine a directement inspiré celui de Tatooine. Lucas est revenu tourner dans la région pour la prélogie, à la fin des années 1990, preuve que ces paysages restaient irremplaçables même à l’ère du numérique.
Les sites de tournage visitables aujourd’hui
Trois lieux concentrent l’essentiel. À Matmata, l’hôtel Sidi Driss, une habitation troglodyte encore en activité, a servi d’intérieur à la ferme de la famille Lars : on peut y boire un thé dans le décor. À Medenine, les ksars du centre-ville apparaissent dans plusieurs plans. Enfin, Ksar Hadada, au nord de Tataouine, a été transformé en scènes de la planète Tatooine pour « La Menace fantôme ».
Un site plus isolé, Ksar Ouled Soltane, ne figure pas au cinéma mais reste le grenier fortifié le mieux conservé de la région. Beaucoup de voyageurs le combinent avec le circuit, tant sa scénographie de courtines à étages ressemble à un décor de film.

Circuit Star Wars de deux jours depuis Djerba
Djerba est la base idéale : l’île est bien desservie et concentre les hôtels. Le premier jour, cap sur Matmata via Médenine, avec déjeuner à l’hôtel Sidi Driss et nuit à Tataouine. Le second jour mène à Ksar Hadada et Ksar Ouled Soltane avant le retour. Comptez environ 300 kilomètres aller-retour sur des routes correctes mais parfois lentes.
Si vous préparez votre séjour depuis l’île, notre guide sur Djerba, tout savoir avant de réserver vous aidera à caler hébergement et logistique. Beaucoup d’agences locales proposent la formule en 4×4 partagé, ce qui allège le budget.
Les ksours berbères, un patrimoine au-delà du cinéma
Réduire ces villages à des décors serait une erreur. Les ksours sont d’anciens greniers collectifs fortifiés, où les communautés berbères stockaient grain et huile dans des cellules voûtées appelées ghorfas, empilées sur plusieurs niveaux. Cette architecture répondait à un besoin précis : protéger les réserves des pillages et de la chaleur, dans une région où la sécheresse dictait la survie.
La visite prend alors une autre dimension. On y lit une ingénierie vernaculaire remarquable, comparable dans son intelligence à d’autres monuments tunisiens. Pour prolonger cette découverte du patrimoine, l’article sur El Djem, le colisée africain montre une autre facette, romaine cette fois, du génie bâtisseur de la Tunisie.
Comment organiser la visite
Un guide local change tout : il ouvre les portes, raconte l’histoire des familles et évite les allers-retours inutiles. Le 4×4 n’est pas indispensable pour les sites principaux, mais il devient utile pour les ksours isolés et les pistes. Côté saison, visez d’octobre à avril : l’été dépasse souvent 40 degrés et rend la marche pénible. Prévoyez de l’eau, un chapeau et de bonnes chaussures.
Ici, le décor de science-fiction n’a jamais été construit : il existait déjà, façonné par des siècles de vie berbère au désert.
| Site | Intérêt principal |
|---|---|
| Matmata (Sidi Driss) | Intérieur de la ferme Lars, habitat troglodyte |
| Ksar Hadada | Décors de la prélogie Star Wars |
| Medenine | Ksars urbains et plans de tournage |
| Ksar Ouled Soltane | Grenier fortifié le mieux conservé |
| Tataouine ville | Base d’étape et marché régional |
Questions fréquentes
Peut-on visiter les sites Star Wars sans guide ?
Oui pour Matmata et Ksar Hadada, accessibles en voiture. Un guide reste conseillé pour comprendre l’histoire des lieux et rejoindre facilement les ksours plus isolés.
Combien de jours faut-il prévoir ?
Deux jours au départ de Djerba suffisent pour l’essentiel. Ajoutez une journée si vous voulez explorer plusieurs ksours et prendre le temps des photos.
Quelle est la meilleure période ?
D’octobre à avril, quand les températures restent supportables. L’été est très chaud et complique la visite en journée.
Sources
Le mot de Julien
J’ai fait ce circuit un matin d’octobre, et mon conseil tient en une phrase : partez tôt. À Ksar Ouled Soltane, la lumière rasante du lever donne aux ghorfas cette teinte ocre qui rend les photos inoubliables, et vous évitez les groupes qui arrivent en milieu de journée. Prenez un guide berbère de Tataouine plutôt qu’un chauffeur de Djerba : la différence de récit est énorme. Et gardez du temps pour un thé à Sidi Driss, sans se presser. C’est là, entre deux fans en costume, qu’on sent vraiment l’esprit du lieu.
Julien Juchereau






