Ouarzazate : Hollywood africain, désert de l’Atlas et studios de cinéma

Julien Juchereau

Lieux, CuisineRoad Trip

À la porte du sud marocain, Ouarzazate vit au rythme des tournages depuis les années 1960. Cette ville de l’Atlas surnommée le Hollywood africain aligne des studios géants, des décors laissés par des dizaines de films et une lumière ocre qui a séduit réalisateurs et voyageurs. Pour une visite d’Ouarzazate au Maroc, on vient autant pour le cinéma que pour les portes du désert, les vallées d’oasis et le ksar d’Aït Benhaddou tout proche. Voici comment organiser un séjour concret, entre studios, kasbahs et premières dunes.

Ce qu’il faut retenir

  • Deux studios majeurs, Atlas Studios et CLA Studios, se visitent en une demi-journée avec décors grandeur nature.
  • Aït Benhaddou, ksar classé à l’UNESCO, se trouve à environ 30 km et mérite une matinée entière.
  • La vallée du Draa et ses palmeraies offrent une belle demi-journée vers le sud.
  • Ouarzazate sert de base logique pour rejoindre Merzouga et les dunes de l’erg Chebbi.
  • Les vols directs Paris-Ouarzazate restent rares et saisonniers, souvent 200 à 400 euros aller-retour.

Atlas Studios et CLA Studios, dans les coulisses des tournages

La réputation d’Ouarzazate tient d’abord à ses plateaux de cinéma. Atlas Studios, ouvert en 1983, reste le plus visité. On y déambule entre des décors conservés de Gladiator, des temples égyptiens en carton-pâte et des avions échoués sur le sable. La visite guidée dure environ une heure et raconte les astuces de fabrication, du polystyrène peint aux façades qui tiennent debout grâce à quelques poutres. CLA Studios, un peu à l’écart, complète l’offre avec d’autres plateaux et une ambiance moins fréquentée.

La région a servi de toile de fond à Lawrence d’Arabie, à plusieurs saisons de Game of Thrones, à Astérix et Obélix ou encore à des productions bibliques. Les guides locaux, souvent d’anciens figurants, ont mille anecdotes de tournage. Comptez 50 à 80 dirhams l’entrée par studio. Le matin reste préférable, avant la chaleur et les cars de groupe.

Aït Benhaddou, le ksar UNESCO à 30 km

À une trentaine de kilomètres, le ksar d’Aït Benhaddou aligne ses maisons de terre crue sur une colline face à l’oued Ounila. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, ce village fortifié compte parmi les décors les plus filmés du Maroc. On grimpe entre les ruelles jusqu’au grenier collectif, en haut, d’où la vue embrasse la palmeraie et les montagnes. Quelques familles y vivent encore, d’autres tiennent boutiques d’artisanat et cafés.

Le ksar d'Aït Benhaddou en terre crue au coucher du soleil près d'Ouarzazate
Le ksar d’Aït Benhaddou, décor de cinéma classé à l’UNESCO, à 30 km d’Ouarzazate.

Prévoyez deux à trois heures sur place. La lumière de fin de journée révèle la terre ocre et attire les photographes. Un pont piéton facilite la traversée de l’oued quand le niveau monte. Beaucoup de voyageurs couplent la visite avec un arrêt à Tamdaght, un peu plus au nord, où d’autres kasbahs se dressent sans la foule.

Vallée du Draa et oasis, une demi-journée vers le sud

Au sud d’Ouarzazate commence la vallée du Draa, longue enfilade de palmeraies qui suit le plus long fleuve du Maroc. En une demi-journée, on rejoint Agdz puis les premiers villages de terre, entre champs de dattiers, canaux d’irrigation et kasbahs ocre. La route franchit le col de Tizi n’Tinififft, avec de larges panoramas sur les reliefs arides de l’Anti-Atlas.

Cette escapade donne un bon aperçu de la vie des oasis, encore rythmée par l’agriculture et l’eau partagée. Les amateurs de dattes profitent de la récolte à l’automne. Pour aller plus loin, la vallée mène jusqu’à Zagora et à la fameuse pancarte des 52 jours de caravane vers Tombouctou, un classique des itinéraires vers le grand sud.

Ouarzazate n’est pas une simple étape, c’est le seuil entre les montagnes de l’Atlas et l’immensité du désert.

Ouarzazate, base de départ vers Merzouga et les dunes

Beaucoup de voyageurs utilisent Ouarzazate comme point de départ vers le désert de l’erg Chebbi, près de Merzouga. La route passe par la vallée du Dadès, les gorges du Todgha et Tinghir, sur environ 350 km. On la parcourt en une longue journée, mais mieux vaut la couper en deux étapes pour profiter des paysages. Les agences locales proposent des circuits avec nuit sous tente et balade à dos de dromadaire.

Pour préparer cette partie du voyage, notre guide du trek dans le désert du Sahara vers Merzouga détaille les options de bivouac et la meilleure saison. Si vous partez plutôt de la ville rouge, l’itinéraire du désert du Sahara depuis Marrakech montre comment enchaîner Ouarzazate et les dunes sur trois jours.

Vols directs Paris-Ouarzazate, fréquence et prix

L’aéroport d’Ouarzazate accueille des vols saisonniers, avec des liaisons directes Paris-Ouarzazate opérées surtout en haute saison, souvent une à deux fois par semaine. Hors de ces créneaux, la plupart des voyageurs passent par Marrakech ou Casablanca, puis rejoignent Ouarzazate en avion intérieur ou par la route via le col du Tichka. Comptez généralement 200 à 400 euros l’aller-retour selon la période et le délai de réservation.

Point d’intérêtDistance depuis Ouarzazate
Atlas Studios3 km
Aït Benhaddou30 km
Agdz, vallée du Draa70 km
Tinghir, gorges du Todgha170 km
Merzouga, dunes350 km

Questions fréquentes

Combien de temps rester à Ouarzazate ?

Deux jours suffisent pour les studios, Aït Benhaddou et un aperçu de la vallée du Draa. Ajoutez deux à trois jours si vous poursuivez vers Merzouga et les dunes.

Quelle est la meilleure période pour visiter ?

Le printemps, de mars à mai, et l’automne, de septembre à novembre, offrent des températures agréables. L’été reste très chaud et l’hiver connaît des nuits froides dans le désert.

Faut-il louer une voiture ?

Une voiture facilite les excursions vers Aït Benhaddou et la vallée du Draa. Pour la route vers Merzouga, beaucoup préfèrent un circuit avec chauffeur, plus reposant sur de longues distances.

Sources

Le mot de Julien

J’ai découvert Ouarzazate un matin d’octobre, entre deux plateaux de tournage et la vue sur l’Atlas encore fraîche. Ce qui m’a marqué, c’est le contraste, ces décors de cinéma un peu factices posés dans un paysage bien réel de terre et de pierre. Mon conseil, prenez le temps de dormir sur place plutôt que d’enchaîner en une journée depuis Marrakech. Le soir venu, quand les cars sont repartis, Aït Benhaddou retrouve son calme et sa lumière. C’est là, je crois, que la magie du sud marocain se joue vraiment.
Julien Juchereau

A propos de l'auteur :

Julien Juchereau

Julien Juchereau est un jeune rédacteur passionné de Méditerranée. Originaire de Béziers, dans l'Hérault, il a grandi entre vignes et bord de mer, à deux pas des plages du Languedoc. Diplômé en webmarketing, il met depuis deux ans ses compétences digitales au service de sa vraie passion : le voyage. Tout a commencé par un été sur l'autre rive, valise pleine et carnet de notes à la main, qui a transformé une simple escapade en véritable vocation. Depuis, il sillonne le pourtour méditerranéen, des criques grecques aux ports du Maghreb, à la recherche des bons plans, des lieux authentiques et des conseils qui changent un voyage. Sur DestinationsMed, il partage ces découvertes avec un objectif simple : vous aider à partir l'esprit léger.

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