Durrës, la station balnéaire albanaise qui monte : que voir avant la foule

Julien Juchereau

Lieux, Cuisine

Sur la côte adriatique albanaise, Durrës reste dans l’ombre de Saranda et de la Riviera du sud. Cette deuxième ville du pays aligne pourtant des kilomètres de sable, un amphithéâtre romain enfoui sous les immeubles et un front de mer qui se transforme d’année en année. Les prix restent bas, les vols vers Tirana se multiplient, et la fréquentation grimpe. Voici ce qu’il faut voir à Durrës avant que la station ne bascule dans le tourisme de masse.

Ce qu’il faut retenir

  • Durrës est la deuxième ville d’Albanie et son principal port, à 40 minutes de Tirana.
  • La plage s’étend sur une dizaine de kilomètres au sud, autour du quartier de Plazh.
  • L’amphithéâtre romain, l’un des plus grands des Balkans, se visite en plein centre.
  • Les tarifs d’hébergement restent inférieurs à ceux des stations grecques ou croates voisines.
  • Juin et septembre offrent la mer chaude sans la foule d’août.

Durrës, la station balnéaire qui monte

Durrës compte environ 200 000 habitants et joue un rôle central dans l’économie albanaise grâce à son port, le plus important du pays. La ville concentre une part croissante des arrivées touristiques, portée par l’ouverture de l’Albanie et la hausse des liaisons aériennes vers Tirana, situé à moins de 40 kilomètres. Le journal suisse Bilan souligne que le pays attire désormais des investisseurs immobiliers séduits par des prix encore modérés le long de l’Adriatique.

Cette montée en puissance se lit dans le paysage. Les grues tournent, de nouvelles résidences sortent de terre le long du littoral, et les cafés du front de mer se remplissent dès le printemps. Durrës garde toutefois un caractère populaire et familial, loin des complexes fermés. On y croise autant de vacanciers albanais du week-end que de premiers visiteurs étrangers venus tester une destination encore abordable.

Les plages et le front de mer

La grande plage de Durrës s’étire vers le sud sur près de dix kilomètres, dans le prolongement du quartier de Plazh. Le sable y est fin, la pente douce, ce qui convient aux familles avec de jeunes enfants. Les transats et parasols se louent à la journée pour quelques euros, et les bars de plage servent poisson grillé et boissons fraîches jusqu’au soir.

Front de mer et plage de sable de Durrës sur la côte adriatique albanaise

Le front de mer, ou lungomare, se prête à la promenade en fin de journée quand la chaleur retombe. Pour une baignade plus calme, mieux vaut s’éloigner du centre vers les zones de Golem et Qerret, au sud, où l’eau est plus claire et les plages moins denses. La radio-télévision publique albanaise RTSH note que la région travaille à améliorer la gestion des déchets et la qualité de l’eau pour accompagner cette fréquentation en hausse.

L’amphithéâtre romain et le patrimoine

Durrës ne se résume pas à ses plages. Fondée au VIIe siècle avant notre ère sous le nom d’Épidamne, puis Dyrrachium à l’époque romaine, la ville conserve un amphithéâtre du IIe siècle parmi les plus vastes des Balkans. Redécouvert au milieu du XXe siècle, il pouvait accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs. On le visite à pied depuis le centre, ses gradins partiellement enfouis sous les maisons voisines donnant une idée de la ville qui a poussé par-dessus.

Le musée archéologique, sur le front de mer, complète la visite avec des collections illyriennes et romaines. On trouve aussi des vestiges de remparts byzantins, une tour vénitienne et le musée ethnographique. L’ensemble se parcourt en une demi-journée, ce qui fait de Durrës une base pratique pour alterner baignade et culture. Pour prendre de la hauteur sur le pays, la capitale voisine mérite un détour, notamment via le téléphérique du Dajti à Tirana.

Durrës condense en un seul lieu ce qui rend l’Albanie attirante en ce moment, une plage accessible, des ruines antiques et des prix qui n’ont pas encore rattrapé ceux de ses voisins.

Y aller et où loger

La plupart des visiteurs arrivent par l’aéroport de Tirana, relié à Durrës par autoroute en 40 minutes environ. Des bus et minibus, appelés furgon, font la liaison à petit prix, et les taxis restent bon marché. La ville se prête à un séjour balnéaire de quelques jours ou à une étape sur un itinéraire adriatique plus long. Ce positionnement s’inscrit dans la dynamique décrite dans notre panorama de l’Albanie, nouvelle étoile du tourisme méditerranéen.

Côté hébergement, l’offre va de la chambre chez l’habitant aux résidences récentes face à la mer. Le tableau ci-dessous résume les repères utiles avant de réserver.

Depuis Tirana40 minutes en voiture ou bus
Longueur de plageEnviron 10 km au sud
Quartiers plus calmesGolem, Qerret
Site à ne pas manquerAmphithéâtre romain
Meilleure périodeJuin et septembre

Y aller avant la foule, la bonne période

Le mois d’août concentre les vacanciers albanais et kosovars, les plages du centre se remplissent et les prix montent. Pour profiter de la mer chaude sans la cohue, visez juin ou septembre. L’eau reste agréable, les tarifs baissent et les sites archéologiques se parcourent sans attente. Le printemps convient à ceux qui privilégient la visite culturelle plutôt que la baignade.

Le quotidien Le Monde a plusieurs fois relevé la fréquentation record de l’Albanie ces dernières saisons, signe que la fenêtre pour découvrir Durrës tranquille se referme. En ciblant l’avant ou l’arrière-saison, et en logeant un peu au sud du centre, on retrouve l’ambiance encore préservée qui fait aujourd’hui l’intérêt de la station.

Questions fréquentes

La plage de Durrës est-elle propre ?

La qualité varie selon les zones. Le centre, très fréquenté, reste inégal, tandis que les secteurs de Golem et Qerret, plus au sud, offrent une eau plus claire. Les autorités locales ont engagé des travaux sur la gestion des déchets et l’assainissement.

Combien de temps rester à Durrës ?

Deux à trois jours suffisent pour combiner plage, amphithéâtre romain et musées. La ville sert aussi de base commode pour rayonner vers Tirana et le reste de la côte adriatique.

Durrës est-elle chère ?

Les tarifs restent inférieurs à ceux des stations grecques ou croates. Hébergement, restauration et transports locaux sont abordables, ce qui explique une partie de l’engouement actuel pour la destination.

Sources

Le mot de Julien

Durrës me plaît justement parce qu’elle n’a rien lissé. On passe des gradins d’un amphithéâtre romain à un café de plage où l’on sert le poisson du jour, sans transition, sans décor calibré pour la carte postale. C’est une ville de port, populaire et un peu brute, et c’est ce qui la rend attachante aujourd’hui. Allez-y en juin ou septembre, logez un peu au sud du centre, et prenez le temps de marcher sur le front de mer en fin de journée. Cette Albanie tranquille ne le restera pas longtemps.
Julien Juchereau

A propos de l'auteur :

Julien Juchereau

Julien Juchereau est un jeune rédacteur passionné de Méditerranée. Originaire de Béziers, dans l'Hérault, il a grandi entre vignes et bord de mer, à deux pas des plages du Languedoc. Diplômé en webmarketing, il met depuis deux ans ses compétences digitales au service de sa vraie passion : le voyage. Tout a commencé par un été sur l'autre rive, valise pleine et carnet de notes à la main, qui a transformé une simple escapade en véritable vocation. Depuis, il sillonne le pourtour méditerranéen, des criques grecques aux ports du Maghreb, à la recherche des bons plans, des lieux authentiques et des conseils qui changent un voyage. Sur DestinationsMed, il partage ces découvertes avec un objectif simple : vous aider à partir l'esprit léger.

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