Deuxième ville de Croatie et porte d’entrée de la Dalmatie, Split voit chaque été affluer des centaines de milliers de visiteurs dans les ruelles du palais de Dioclétien. Face à la pression touristique, la municipalité et les autorités croates annoncent une série de mesures pour 2026, entre régulation des croisières, encadrement des locations de courte durée et protection du centre historique. Tour d’horizon d’un tournant qui concerne directement les voyageurs.
Ce qu’il faut retenir
- Split cherche à mieux répartir les flux de visiteurs dans le palais de Dioclétien, classé au patrimoine mondial.
- Les escales de croisières seront davantage limitées et étalées pour éviter les pics quotidiens.
- Les locations de courte durée font l’objet d’un encadrement renforcé au niveau national.
- Le centre historique voit ses terrasses, ses commerces et sa circulation mieux régulés.
- Pour le voyageur, cela signifie plus de planification, mais une expérience potentiellement plus sereine.
Split, victime de son succès
Longtemps considérée comme une simple étape vers les îles dalmates, Split est devenue une destination à part entière. Le palais de Dioclétien, où vivent encore des habitants et où se logent boutiques, cafés et logements, concentre l’essentiel de la fréquentation. En haute saison, les ruelles antiques peinent à absorber la foule, et les riverains dénoncent la hausse des loyers comme la transformation des immeubles en hébergements touristiques. Ce phénomène, que la ville partage avec d’autres perles de l’Adriatique, illustre les limites d’un modèle fondé sur une croissance rapide du nombre de visiteurs. La question n’est plus d’attirer davantage de monde, mais de préserver ce qui fait l’attrait de la cité. Split rejoint ainsi le débat plus large sur la mutation de ce port dalmate, entre vitalité économique et équilibre de vie.

Les mesures de la Croatie pour 2026
Pour 2026, les autorités croates avancent sur plusieurs fronts. Au niveau national, une loi encadrant plus strictement les locations de courte durée est entrée en application, avec un relèvement des taxes de séjour et une plus grande latitude laissée aux communes pour plafonner le nombre d’hébergements. À Split, la municipalité entend mieux organiser les arrivées de croisières et répartir les visites sur la journée afin de désengorger les heures de pointe. Ces orientations s’inscrivent dans une stratégie touristique qui privilégie la valeur ajoutée et l’étalement de la saison, plutôt que le seul volume estival. La démarche fait écho à celle de Dubrovnik, pionnière en la matière, qui a déjà encadré les locations de type Airbnb pour préserver son centre historique.
Croisières, locations et centre historique
Trois leviers concentrent l’attention. Les croisières d’abord : Split cherche à lisser les escales pour éviter que plusieurs navires ne déversent leurs passagers au même moment, une pratique déjà expérimentée ailleurs en Adriatique. Les locations ensuite : le tour de vis national vise à freiner la conversion de logements en hébergements saisonniers, afin de maintenir une population résidente dans le cÅ“ur ancien. Le centre historique enfin : la ville travaille sur la gestion des terrasses, la circulation et l’occupation de l’espace public à l’intérieur et autour du palais. L’objectif affiché est de protéger un site habité tout en préservant son activité commerciale, sans le figer en décor pour visiteurs de passage.
Le surtourisme ne se combat pas en fermant les portes, mais en répartissant mieux les flux dans le temps et dans l’espace.
Ce que ça change pour le voyageur
Concrètement, visiter Split en 2026 demandera un peu plus d’anticipation. Les hébergements dans le centre pourraient être moins nombreux et plus chers, ce qui rend intéressante la recherche de logements dans les quartiers voisins, souvent mieux desservis qu’on ne le croit. Côté budget, la hausse de la taxe de séjour reste modérée à l’échelle d’un voyage. Les voyageurs arrivant par bateau gagneront à vérifier les horaires d’escale pour éviter les créneaux de forte affluence. Ces ajustements ne pénalisent pas l’expérience : ils invitent plutôt à sortir des sentiers les plus fréquentés et à découvrir la ville à un rythme plus posé.
| Mesure | Effet pour le voyageur |
| Encadrement des locations | Moins d’offres au centre, prix en hausse |
| Régulation des croisières | Affluence mieux répartie dans la journée |
| Taxe de séjour relevée | Léger surcoût par nuitée |
| Gestion du centre historique | Circulation et terrasses mieux organisées |
Visiter Split de façon responsable
Voyager de manière responsable à Split, c’est d’abord choisir la basse ou moyenne saison, quand la ville respire et que les prix baissent. C’est aussi privilégier les commerces et restaurants tenus par des habitants, loger hors du seul périmètre du palais, et explorer les alentours, du parc naturel de Marjan aux villages de l’arrière-pays. Respecter le fait que le centre historique reste un lieu de vie, limiter les nuisances et étaler ses visites participent à un tourisme plus soutenable. En s’adaptant à ces nouvelles règles, le visiteur contribue à préserver ce qui l’a attiré : une cité vivante, authentique et durablement accueillante.
Questions fréquentes
Split est-elle toujours accessible librement en 2026 ?
Oui. Les mesures visent à mieux répartir les flux et à encadrer l’hébergement, pas à restreindre l’accès à la ville ni au palais de Dioclétien, qui reste ouvert et gratuit à la promenade.
Faut-il réserver son logement plus tôt ?
C’est conseillé. L’encadrement des locations de courte durée pourrait réduire l’offre au cÅ“ur historique. Réserver tôt ou regarder vers les quartiers voisins permet de trouver de meilleures conditions.
Quelle est la meilleure période pour éviter la foule ?
Le printemps et le début de l’automne offrent un bon compromis : climat agréable, tarifs plus doux et affluence nettement moindre qu’en juillet et août, période la plus tendue.
Sources
Le mot de Julien
J’ai découvert Split un mois de juin, avant la grande vague, et j’y suis retourné en plein cÅ“ur de l’été. Le contraste est saisissant. Ces mesures pour 2026 vont dans le bon sens : elles cherchent à préserver une ville habitée plutôt qu’un décor. En tant que voyageur, je vois surtout une invitation à changer de regard. Venir hors saison, dormir un peu à l’écart, prendre le temps de flâner au parc Marjan, c’est déjà voyager mieux. Split reste une merveille dalmate, à condition de la visiter avec un peu de délicatesse.
Julien Juchereau






