À une heure de Tunis, le Cap Bon tend son doigt de terre vers la Sicile et concentre, sur un espace réduit, une variété qui surprend les voyageurs pressés. Cette péninsule mêle marchés de céramique, vignobles hérités de la période romaine, forteresses posées face à la mer et ruines puniques uniques au monde. Le tourisme au Cap Bon reste discret côté Nabeul, Kélibia et l’arrière-pays viticole, loin des grands complexes balnéaires de Hammamet. Voici comment lire la région dans son ensemble, avec un itinéraire concret pour l’explorer en deux jours depuis la capitale.
Ce qu’il faut retenir
- Le Cap Bon se visite facilement en voiture depuis Tunis, comptez 1h à 1h30 de route selon la ville visée.
- Nabeul reste la capitale tunisienne de la céramique, avec un grand marché hebdomadaire le vendredi.
- Kélibia offre une forteresse byzantine et une plage de sable clair rarement bondée.
- La péninsule est le berceau du muscat tunisien et de plusieurs cépages locaux.
- Kerkouane est la seule cité punique conservée dans son état d’origine, classée à l’UNESCO.
Nabeul, la céramique et son marché du vendredi
Nabeul est la porte d’entrée naturelle du Cap Bon. La ville vit depuis des siècles autour du travail de la terre cuite, et ses ateliers de céramique alignent carreaux peints, assiettes à motifs et poteries de jardin. Le grand rendez-vous, c’est le marché du vendredi : les rues du centre se remplissent d’étals de poteries, de tissus, d’épices et d’objets en fer forgé. Prévoyez d’arriver tôt pour éviter la chaleur et négocier tranquillement. Nabeul cultive aussi les agrumes et le jasmin distillé en eau de fleur d’oranger, que l’on retrouve dans les pâtisseries locales et sur les marchés alimentaires du quartier.
Kélibia, forteresse byzantine et plage tranquille
À la pointe est de la péninsule, Kélibia garde un fort perché qui domine le port de pêche et le large. La forteresse, remaniée à l’époque byzantine puis au fil des siècles, se visite pour ses remparts et sa vue sur la côte sicilienne les jours clairs. En contrebas, la plage de El Mansourah déroule un sable clair et une eau calme, encore épargnée par l’affluence des grandes stations. Kélibia est aussi connue pour son vin blanc sec, le muscat sec local, servi frais dans les restaurants du port. Pour une visite détaillée de la ville, de son fort et de ses adresses, consultez notre guide dédié à Kélibia et sa côte.

La route des vignobles, muscats et cépages locaux
Le Cap Bon est la première région viticole de Tunisie, et ses collines produisent des vins depuis l’Antiquité. La spécialité, c’est le muscat d’Alexandrie, décliné en versions sèches et moelleuses, mais on y travaille aussi des cépages plus classiques comme le carignan, le cinsault, le grenache ou le syrah. Plusieurs domaines autour de Grombalia et de Takelsa proposent des dégustations et de la vente directe. Repérez les caves à l’avance, car les horaires varient selon la saison et les vendanges de fin d’été. La route des vignobles se prête à une matinée tranquille, entre paysages de vignes, oliviers et villages agricoles où l’on croise peu de touristes.
Kerkouane, l’unique ville punique conservée
Près de la côte nord-est, Kerkouane est un cas unique : abandonnée au IIIe siècle avant notre ère, jamais reconstruite par les Romains, la cité a gardé le plan de ses maisons puniques. On y voit encore les seuils, les bains privés recouverts de stuc rose et le tracé précis des rues. Le site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se parcourt en une heure ou deux, face à la mer, avec un petit musée qui présente les objets retrouvés. C’est le complément idéal d’une visite de Carthage et de l’histoire punique près de Tunis, dont Kerkouane offre la version la mieux préservée.
Circuit voiture de deux jours depuis Tunis
Le Cap Bon se prête bien à une escapade courte. Le premier jour, quittez Tunis le matin, arrêtez-vous à Grombalia pour la route des vignobles, puis rejoignez Nabeul pour ses ateliers de céramique et son bord de mer. Le second jour, montez vers Kerkouane et Kélibia, avant de redescendre par la côte. Une voiture de location reste la solution la plus souple, les transports en commun desservant mal l’arrière-pays viticole.
Le Cap Bon récompense ceux qui prennent le temps : une matinée de marché, un après-midi de vignes, un coucher de soleil au pied du fort de Kélibia.
| Étape | À ne pas manquer |
|---|---|
| Nabeul | Marché du vendredi, ateliers de céramique |
| Grombalia | Domaines viticoles, dégustation de muscat |
| Kélibia | Forteresse byzantine, plage d’El Mansourah |
| Kerkouane | Cité punique UNESCO, petit musée |
| Retour Tunis | Route côtière, arrêts panoramas |
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter le Cap Bon ?
Deux jours suffisent pour un premier aperçu couvrant Nabeul, la route des vins, Kerkouane et Kélibia. Trois ou quatre jours permettent d’ajouter les plages et de flâner sans courir.
Quelle est la meilleure période pour partir ?
Le printemps et le début de l’automne sont les plus agréables : chaleur mesurée, vignes en activité et plages encore calmes. L’été reste chaud mais convient bien à la baignade.
Faut-il une voiture pour explorer la région ?
C’est fortement conseillé. Les villes côtières sont reliées par bus et louages, mais les domaines viticoles et Kerkouane se rejoignent bien plus facilement en voiture.
Sources
UNESCO, site punique de Kerkouane et sa nécropole
Office national du tourisme tunisien, région du Cap Bon
Le mot de Julien
J’aime le Cap Bon parce qu’il refuse la carte postale unique. En une même journée, on passe d’un marché de poteries à une cave familiale, puis d’une plage tranquille à des ruines puniques face à la mer. C’est une région qui se mérite un peu : il faut louer une voiture, accepter de se perdre entre les vignes et parler aux gens du port. En échange, on repart avec des images que la plupart des visiteurs de Hammamet ne verront jamais. Mon conseil : gardez la fin de journée pour Kélibia, quand la lumière tombe sur le fort.
Julien Juchereau






