Pour beaucoup de voyageurs, Brindisi se résume à un nom sur un billet de ferry. On y descend du train ou de l’avion, on file vers le terminal, on embarque pour la Grèce et la ville disparaît dans le rétroviseur. C’est dommage, car ce port du talon de la botte italienne, dans les Pouilles, mérite mieux qu’une simple escale technique. Derrière son rôle de plateforme de transit se cache une cité portuaire avec deux mille ans d’histoire, une colonne romaine plantée au bord de l’eau et un centre ancien que la plupart des passagers ne verront jamais. Voici ce que Brindisi garde pour ceux qui prennent le temps de lever les yeux.
Ce qu’il faut retenir
- Brindisi est le principal point d’embarquement des Pouilles vers la Grèce (Igoumenitsa, Patras, Corfou).
- Le port relie aussi l’Albanie et sert de terminal pour plusieurs compagnies de ferries.
- La ville se visite à pied en une demi-journée : colonne romaine, cathédrale, front de mer.
- Elle constitue une base pratique pour rayonner dans le sud des Pouilles avant de partir.
- Aéroport, gare et port se trouvent à quelques kilomètres les uns des autres.
Brindisi, plus qu’un port de transit
Située à l’extrême sud-est de l’Italie, Brindisi occupe depuis l’Antiquité une position charnière entre la péninsule italienne et l’Orient. C’était le terminus de la via Appia, la grande route qui reliait Rome à l’Adriatique, et le point de départ des voyageurs vers la Grèce et le Proche-Orient. Cette vocation de porte maritime ne s’est jamais démentie. Aujourd’hui encore, la ville vit au rythme des arrivées et des départs, mais elle reste discrète face à ses voisines plus touristiques des Pouilles. Beaucoup la traversent sans s’arrêter, alors qu’elle offre un centre historique compact, des ruelles calmes et un rapport à la mer que peu de ports de la région conservent aussi intact.

Le port et les ferries vers la Grèce
Le port de Brindisi est l’un des grands points d’embarquement de l’Adriatique. Plusieurs compagnies y assurent des liaisons régulières vers la Grèce, principalement Igoumenitsa et le port de Patras, souvent via une escale à Corfou en haute saison. Des rotations relient aussi l’Albanie, notamment Vlora. La traversée vers Igoumenitsa dure généralement une nuit, ce qui explique le nombre de départs en soirée. Le terminal passagers se trouve à Costa Morena, à l’écart du centre-ville, et des navettes assurent la liaison. Mieux vaut arriver largement en avance, surtout avec un véhicule : l’enregistrement et le contrôle des billets prennent du temps en juillet et août, période où beaucoup de familles rejoignent les îles grecques. Réserver à l’avance reste conseillé sur les créneaux estivaux.
Que voir dans la ville avant d’embarquer
Le symbole de Brindisi reste sa colonne romaine, dressée en haut d’un escalier qui descend vers le port. Elle marquait, dit-on, la fin de la via Appia. Il en subsistait deux jusqu’au XVIe siècle ; la seconde s’est effondrée, et son chapiteau se trouve aujourd’hui à Lecce. De là, on rejoint facilement le centre historique et sa cathédrale, reconstruite après un tremblement de terre, puis le petit dédale de ruelles où se glissent cafés et églises anciennes. Le front de mer, avec sa promenade et son monument au marin, offre une belle vue sur le bassin. Comptez une demi-journée pour faire le tour à pied, sans se presser, avant de rejoindre le terminal.
À Brindisi, la mer n’est pas un décor de carte postale : c’est une frontière vivante entre deux rives, que l’on franchit comme on l’a toujours fait.
Combiner Brindisi avec les Pouilles
L’un des atouts de Brindisi est sa position au cœur du sud des Pouilles. En quelques dizaines de minutes de train ou de voiture, on rejoint Lecce et son architecture baroque, les plages de la côte adriatique ou les villages blancs de l’arrière-pays. Prévoir un ou deux jours sur place avant de prendre le ferry permet de transformer une simple escale en vraie découverte régionale. Pour organiser un itinéraire plus large, notre guide des incontournables des Pouilles donne les grandes étapes à ne pas manquer. Et si l’on veut pousser jusqu’à la capitale du baroque, notre article sur Lecce et ce qu’il faut y voir complète parfaitement une escale à Brindisi.
Infos pratiques : accès et embarquement
Brindisi dispose d’un aéroport bien relié à plusieurs villes italiennes et européennes, d’une gare sur l’axe ferroviaire des Pouilles et d’un port structuré en plusieurs terminaux. L’ensemble se trouve dans un rayon réduit, ce qui simplifie les correspondances. Voici les repères utiles avant le départ.
| Aéroport | Brindisi-Salento, à environ 6 km du centre |
| Gare | Centrale, à quelques minutes à pied du port |
| Terminal ferries | Costa Morena, navette depuis le centre |
| Destinations Grèce | Igoumenitsa, Patras, Corfou (saison) |
| Conseil embarquement | Arriver 2 h avant avec un véhicule |
Questions fréquentes
Combien de temps dure la traversée de Brindisi à la Grèce ?
La liaison vers Igoumenitsa se fait généralement de nuit, en une dizaine d’heures selon la compagnie et la météo. Pour Patras, comptez plus longtemps, souvent avec une escale à Corfou en haute saison.
Faut-il réserver son ferry à l’avance ?
En juillet et août, oui, surtout avec un véhicule. Les rotations se remplissent vite. Hors saison, on trouve plus facilement de la place, mais réserver reste plus confortable.
Vaut-il la peine de s’arrêter à Brindisi ?
Oui, une demi-journée suffit pour voir la colonne romaine, la cathédrale et le front de mer. La ville sert aussi de base commode pour explorer le sud des Pouilles avant l’embarquement.
Sources
Le mot de Julien
J’ai longtemps traversé Brindisi sans m’y arrêter, pressé de rejoindre le ferry du soir. La fois où j’ai raté une correspondance, j’ai découvert une ville que je ne soupçonnais pas : la colonne romaine au coucher du soleil, une trattoria sans touristes, le calme du front de mer. Depuis, je conseille toujours d’y passer une nuit avant d’embarquer. Ce n’est pas la plus spectaculaire des Pouilles, mais elle raconte quelque chose de rare : le vertige tranquille d’un lieu qui, depuis l’Antiquité, sert de seuil entre deux mondes.
Julien Juchereau






